{"id":228,"date":"2006-07-19T20:02:36","date_gmt":"2006-07-19T18:02:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.roidetrefle.com\/?p=228"},"modified":"2006-07-19T20:02:36","modified_gmt":"2006-07-19T18:02:36","slug":"la-damnation-de-faust","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/2006\/07\/19\/la-damnation-de-faust\/","title":{"rendered":"La damnation de Faust"},"content":{"rendered":"<p>Le 24 juin dernier \u00e9tait le jour de la Gay Pride. C\u2019\u00e9tait \u00e9galement la date que nous avions choisi pour assister une repr\u00e9sentation de la damnation de Faust donn\u00e9e \u00e0 Bastille. Nous n\u2019\u00e9tions malheureusement pas accompagn\u00e9s du Kozlibunch mais assis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de coll\u00e8gues <strike> barbants et coinc\u00e9s<\/strike> de notre agence, les billets provenant de notre comit\u00e9 d\u2019entreprise. En m\u00eame temps, on ne peut pas avoir le beurre, l\u2019argent du beurre et le cul du cr\u00e9mier. J\u2019avais d\u00e9cid\u00e9 de prendre des billets sur les conseils de mon boss qui m\u2019avait alors assur\u00e9 que la mise en sc\u00e8ne de Robert Lepage \u00e9tait vraiment originale et d\u00e9tonante. Il avait raison le bougre. <!--more--><\/p>\n<p>Le rideau de l\u2019op\u00e9ra s\u2019ouvre sur un livre g\u00e9ant. Les pages, projet\u00e9es sur \u00e9cran g\u00e9ant, sont tourn\u00e9es par le souffle d\u2019enfants. On va nous raconter une belle histoire. L\u2019\u00e9cran devient transparent et laisse entrevoir un d\u00e9cor ressemblant \u00e0 celui de l\u2019acad\u00e9mie des 9.<\/p>\n<p><center><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.daske.net\/images\/faust1.jpg\" alt=\"\" \/><\/center><\/p>\n<p>C\u2019est la f\u00eate du printemps en Hongrie. Faust (Guiseppe sabbatini) semble vieux et fatigu\u00e9. Il est seul et d\u00e9prime. Il rentre chez lui \u00e0 Leipzig et souhaite mettre fin \u00e0 ses jours.<\/p>\n<p>Mais ta-daaa, M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s (Jos\u00e9 van Dam, trop classe dans son costume rouge et sa longue plume au chapeau) d\u00e9barque et lui promet une nouvelle vie pleine de plaisirs insoup\u00e7onn\u00e9s. Le diable lui fait notamment d\u00e9couvrir la belle Marguerite (Michelle de Young) (celle qui se marre en se voyant si belle en ce miroir dans l\u2019op\u00e9ra de Gounod que j\u2019ai eu la chance de voir il y a quelques ann\u00e9es, \u00e9galement \u00e0 Bastille). La vie de Faust va \u00eatre boulevers\u00e9e. Tout va swinguer maintenant.<\/p>\n<p>Faust ne r\u00e9siste pas et se planque dans la chambre de Marguerite et surprend ses aveux : elle attend celui qui deviendra son amant et qu\u2019elle a vu en r\u00eave la nuit pr\u00e9c\u00e9dente. A son r\u00e9veil, elle d\u00e9couvre Faust \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, reconna\u00eet en lui l\u2019homme dont elle a r\u00eav\u00e9, et c\u00e8de \u00e0 ses avances. C\u2019est la passion.<br \/>\nMais voil\u00e0, les histoires d\u2019amour finissent mal en g\u00e9n\u00e9ral. Marguerite pleure Faust qui semble l\u2019avoir abandonn\u00e9e. Le pauvre bougre est seulement parti faire le point sur sa vie tourment\u00e9e. Le diable le rejoint et lui apprend que sa dulcin\u00e9e est condamn\u00e9e \u00e0 mort. Le somnif\u00e8re que Faust lui avait remis afin de prot\u00e9ger leurs rencontres nocturnes a fini par \u00eatre fatal \u00e0 sa m\u00e8re.<br \/>\nFaust demande \u00e0 M\u00e9phistoph\u00e9l\u00e8s de la sauver, mais il y a bien entendu une condition. Le diable exige en \u00e9change l\u2019\u00e2me de son prot\u00e9g\u00e9, qui signe sa perte. Faust et M\u00e9phisto partent \u00e0 cheval au secours de la belle mais sont poursuivis par des cr\u00e9atures d\u00e9moniaques. Faust se plante et est directement pr\u00e9cipit\u00e9 dans les flammes de l\u2019enfer. Le diable exulte, il a gagn\u00e9.<br \/>\nMarguerite est finalement ex\u00e9cut\u00e9e, mais grimpe tout droit vers le ciel, accueillie par un ch\u0153ur de s\u00e9raphin.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du XIX\u00e8me si\u00e8cle, Berlioz a \u00e9t\u00e9 fortement \u00e9mu par la traduction de G\u00e9rard de Nerval du po\u00e8me de Goethe et a alors tent\u00e9 de mettre en musique certains passages. Quinze ann\u00e9es plus tard, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un voyage en Autriche, Hongrie et Boh\u00e8me, Berlioz entreprend l\u2019\u00e9criture de son op\u00e9ra qui sera finalement pr\u00e9sent\u00e9 en 1846 \u00e0 Paris.<br \/>\nMalheureusement, \u00e0 quelques mois de la r\u00e9volution de juillet, les pr\u00e9occupations parisiennes ne sont pas franchement musicales et c\u2019est devant une salle de l\u2019Op\u00e9ra comique \u00e0 moiti\u00e9 vide que Berlioz dirigea Faust. Ruin\u00e9, il partira pr\u00e9senter son nouvel op\u00e9ra en Russie, Allemagne, Autriche et au Royaume-Uni et trouvera enfin le succ\u00e8s.<\/p>\n<p>Cet op\u00e9ra est tr\u00e8s germanique, et pas seulement parce qu\u2019inspir\u00e9 de Goethe. La musique est cuivr\u00e9e et puissante. On reconna\u00eet au passage la fameuse marche Hongroise (reprise dans la grande vadrouille). On assiste \u00e0 la fois \u00e0 un op\u00e9ra, \u00e0 un concert, \u00e0 une symphonie et \u00e0 un ballet.<\/p>\n<p>C\u2019est v\u00e9ritablement un feu d\u2019artifice formidablement mis en sc\u00e8ne par Robert Lepage. La sc\u00e8ne est d\u00e9coup\u00e9e en une vingtaine de carr\u00e9s empil\u00e9s les uns sur les autres. Des images sont projet\u00e9es sur la sc\u00e8ne, et des acrobates passent de case en case. Tout est color\u00e9, inventif et fou. C\u2019est un m\u00e9lange d\u2019op\u00e9ra, de concert, de cirque et de ballet (chor\u00e9graphie de Alain Gauthier). On s\u2019en prend plein la gueule et les oreilles pendant plus de deux heures.<\/p>\n<p>L\u2019ensemble des interpr\u00e8tes a \u00e9t\u00e9 acclam\u00e9. Cette Production a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e en 2001 sous la direction musicale de Seiji ozawa et avec les m\u00eames interpr\u00e8tes \u00e0 l\u2019exception de Marguerite, interpr\u00e9t\u00e9e alors par Jennifer Larmore.<\/p>\n<p><center><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.daske.net\/images\/faust2.jpg\" alt=\"\" \/><\/center><\/p>\n<p>J\u2019ai personnellement ador\u00e9. Snooze a de son c\u00f4t\u00e9 \u00e9t\u00e9 un peu troubl\u00e9 par la mise en sc\u00e8ne.<br \/>\n<strike>mais a vraiment ador\u00e9 les boxers moulants des acrobates<\/strike><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 24 juin dernier \u00e9tait le jour de la Gay Pride. C\u2019\u00e9tait \u00e9galement la date que nous avions choisi pour assister une<\/p>\n<p class=\"link-more\"><a class=\"myButt \" href=\"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/2006\/07\/19\/la-damnation-de-faust\/\">Continuer la lecture<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15,22],"tags":[],"class_list":["post-228","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-opera","category-vu-lu-entendu"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/228","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=228"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/228\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=228"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=228"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=228"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}