{"id":2139,"date":"2011-06-06T02:42:27","date_gmt":"2011-06-06T01:42:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.roidetrefle.com\/?p=2139"},"modified":"2026-04-17T13:17:38","modified_gmt":"2026-04-17T13:17:38","slug":"un-mariage-et-deux-enterrements","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/2011\/06\/06\/un-mariage-et-deux-enterrements\/","title":{"rendered":"Un mariage et deux enterrements"},"content":{"rendered":"<p>C\u2019est en s\u2019arr\u00eatant ponctuellement de publier r\u00e9guli\u00e8rement que l\u2019on s\u2019aper\u00e7oit \u00f4 combien on \u00e9tait drogu\u00e9 par le blog, un peu comme un joggeur passionn\u00e9 qui culpabilise le jour o\u00f9 il ne part pas courir. Si les premiers temps sont \u00e9tranges, on s\u2019habitue relativement vite et l\u2019on perd progressivement l\u2019appel du clavier. Certains tics demeurent toutefois. Je stock toujours ainsi quantit\u00e9 de documents pour en faire des billets, je pense toujours r\u00e9diger une bafouille lorsque je suis amus\u00e9, attendri, en col\u00e8re ou choqu\u00e9, je continue \u00e0 prendre plaisir \u00e0 photographier des absurdit\u00e9s avec mon <a href=\"http:\/\/www.lapinoo.fr\/\">lapin<\/a> en peluche ou \u00e0 compiler les <a href=\"http:\/\/www.foodingue.net\/\">recettes<\/a> de cuisines les plus improbables.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Je n\u2019ai jamais regrett\u00e9 m\u2019\u00eatre lanc\u00e9 dans la grande aventure du blog car elle m\u2019a permis de faire de vraies rencontres, des gens biens, sinc\u00e8res, passionn\u00e9s, g\u00e9n\u00e9reux Il y a toujours eu pour moi plusieurs cat\u00e9gories de blogueurs. Les passionn\u00e9s qui ont un vrai style dans l\u2019\u00e9criture, qui sont originaux et cr\u00e9atifs, et qui balayent de vaste domaines : humour, politique, humeurs, photographie, voyage, gastronomie. Certains deviennent des professionnels de la communication, publient leur journal intime, parlent de leur vie, l\u2019\u00e9criture r\u00e9guli\u00e8re permettant de structurer et d\u2019analyser une partie de leur existante. Le blog peut \u00e9galement permettre de sortir d\u2019un isolement, de trouver des soutiens, d\u2019aider et de se faire aider. D\u2019autres, que je m\u2019amuse \u00e0 comparer au coucou, ne pensent qu\u2019\u00e0 une popularit\u00e9 \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, devenant petit \u00e0 petit des clones sans saveur et s\u2019\u00e9puisant rapidement, passant d\u2019un r\u00e9seau social \u00e0 un autre en attendant le prochain outil \u00e0 la mode. Ainsi, et contrairement aux id\u00e9es re\u00e7ues, le blog me parait donc \u00eatre un parfait reflet de la vie.<\/p>\n<p>Mais ouhlala, je m\u2019\u00e9gare, le but de ce billet \u00e9tait initialement de raconter l\u2019enterrement de vie de gar\u00e7on de mon ami Alexandre (quel joli pr\u00e9nom). Un autre Alexandre avait programm\u00e9 depuis des semaines une journ\u00e9e qui se devait \u00eatre m\u00e9morable, deux semaines avant le grand jour : initiation au pilotage d\u2019avion, barbecue (th\u00e9matique Weber), simulateur de saut en parachute, et restaurant asiatique. Mais le clou de la journ\u00e9e \u00e9tait la fin de soir\u00e9e. Un lieu tr\u00e8s exotique avait \u00e9t\u00e9 choisi pour l\u2019amateur de bite que je suis, un club \u00ab ol\u00e9 ol\u00e9 \u00bb o\u00f9 de charmantes cr\u00e9atures proposaient de faire frotti frotta en \u00e9change de biftons, de beaucoup de biftons gliss\u00e9s dans la culotte.<br \/>\nLe \u00ab Huslter club \u00bb est situ\u00e9 aux alentours des Champs-Elys\u00e9es. Je ne savais vraiment pas \u00e0 quoi m\u2019attendre. Oui, je connaissais ce nom via le film \u00ab Larry Flynt \u00bb, oui, je connaissais le concept de lap dance, mais non, je n\u2019avais jamais mis les pieds dans un tel endroit.<\/p>\n<p>Il faut tout d\u2019abord montrer patte blanche et sourire aux gros et imposants videurs \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du club, puis passer un deuxi\u00e8me sas pour p\u00e9n\u00e9trer dans le temple du vice et de la luxure. Une h\u00f4tesse nous accompagne \u00e0 une table faisant face \u00e0 une sc\u00e8ne. Trois jeunes filles un peu mollassonnes semblent se soulager d\u2019un herp\u00e8s vaginal tr\u00e8s irritant en se r\u00e2pant l\u2019entre-jambe sur de longues barres m\u00e9talliques. On nous am\u00e8ne enfin un \u00e9norme saladier contenant deux bouteilles de gin, une bouteille de vodka, des canettes de \u00ab Red bull \u00bb et autres soft drinks. La man\u0153uvre est claire : faire consommer le quidam excit\u00e9 en le gavant d\u2019alcool et de caf\u00e9ine.<\/p>\n<p>Deux types de danses sont propos\u00e9s : une plus classique, rapproch\u00e9e, autour de la table devant l\u2019assistance compos\u00e9e de m\u00e2les en rut, et une plus intime, option sans culotte, dans une petite pi\u00e8ce capitonn\u00e9e au sous-sol. Il suffit simplement d\u2019acheter des tickets, un peu comme les colliers de perles au Club Med : plus tu payes, plus c\u2019est long, rapproch\u00e9, humide et torride. Une seule consigne, ne pas toucher la marchandise (je me souvenais de certaines sc\u00e8nes du fabuleux \u00ab Show Girls \u00bb). Je pensais initialement que les danseuses \u00e9taient des divas et qu\u2019une distance r\u00e9glementaire entre elles et les clients \u00e9tait \u00e9tablie : que nenni, m\u00eame s\u2019il est affich\u00e9 un peu partout qu\u2019il est interdit d\u2019\u00e9changer num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone\/e-mail\/adresse ou plus avec les h\u00f4tesses.<\/p>\n<p>Si certains clients, habitu\u00e9s du lieu, se dirigent directement vers certaines jeunes filles qu\u2019ils connaissent d\u00e9j\u00e0, la plupart tapine les nichons \u00e0 l\u2019air autour des tables pour faire du chiffre d\u2019affaire. On est donc bien loin du glamour et de l\u2019humour v\u00e9hicul\u00e9s par les petites Bunny Girls Play Boy. Toutes les filles viennent de pays de l\u2019Est et se pr\u00e9nomment Liina, Grete ou Kerli, et passent de table en table pour tenter un \u00e9ventuel consommateur. C\u2019est la nouvelle traite des blanches.<\/p>\n<p>Manque de chance, lorsqu\u2019elles se rapprochaient de nous, elles tombaient sur un groupe compos\u00e9 de deux p\u00e9d\u00e9s. Et justement, tomber sur un p\u00e9d\u00e9 reste rassurant pour ces filles. Elles sont alors certaines qu\u2019il n\u2019y aura aucun geste d\u00e9plac\u00e9, et semblent enchant\u00e9es de discuter, pour rien, juste comme \u00e7a, pour sortir de la routine graveleuse. Je me suis fait une copine. Elle s\u2019est assise sur les genoux, m\u2019a serr\u00e9 fort contre elle et m\u2019a racont\u00e9 sa vie et celle du club, entre deux bisous dans le cou. Elle s\u2019absentait pendant une petite demi-heure et nous reprenions notre conversation. Elle venait d\u2019Estonie et avait pass\u00e9 plusieurs ann\u00e9es \u00e0 la facult\u00e9 de m\u00e9decine. Elle souhaitait \u00eatre gyn\u00e9cologue (\u2026). Seulement voil\u00e0, d\u00e9barquer \u00e0 Paris lui a sembl\u00e9 plus glamour que de se les geler \u00e0 Tallinn. Sorties, argent facile, elle travaille maintenant dans ce club et semble tr\u00e8s heureuse, m\u00eame si le concept attire bien moins de monde qu\u2019il y a quelques ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Face \u00e0 moi, une danse commence. Une fille brune, certainement contorsionniste, ondule devant un couple qui semble bien excit\u00e9. L\u2019un de mes amis \u00e9vite de peu un coup de talon aiguille sur son cr\u00e2ne. La danseuse mime l\u2019acte sexuel, se tripote comme si elle \u00e9tait atteinte de varicelle, et tente d\u2019\u00e9touffer son client entre ses deux seins. Je consulte Twitter pour conna\u00eetre les r\u00e9sultats de l\u2019Eurovision et ne pige pas pourquoi l\u2019on parle de DSK, qui aurait certainement \u00e9t\u00e9 ravi d\u2019\u00eatre \u00e0 ma place. Ma copine Kerli revient me voir, je la salue et quitte l\u2019\u00e9tablissement, enchant\u00e9 de la journ\u00e9e que je venais de passer en compagnie de mes amis.<\/p>\n<p>En trois semaines, j\u2019ai enterr\u00e9 deux et mari\u00e9 un Alexandre. Les petites turbulences de ma vie se sont transform\u00e9es en v\u00e9ritables b\u00e9n\u00e9dictions. Je profite de chaque instant, prend beaucoup de recul et tente de r\u00e9gler les probl\u00e8mes un par un, sans angoisse ni stress, et tout finit par s\u2019arranger. Le poste que l\u2019on me promettait m\u2019a enfin \u00e9t\u00e9 officiellement attribu\u00e9, mon couple a miraculeusement surv\u00e9cu, je me suis fait de nouveaux amis, je continue \u00e0 beaucoup voyager, suis devenu plus que complice avec l\u2019un d\u2019entre eux que je vois deux fois par mois \u00e0 Londres, et vais devenir papa en juillet : Le jour de la mort de mon chat, un \u00e9leveur de chartreux m\u2019a curieusement contact\u00e9 et m\u2019a propos\u00e9 d\u2019adopter un chaton qui venait de naitre. J\u2019ai accept\u00e9 sans r\u00e9fl\u00e9chir. Il s\u2019appelle <a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Gusperimus\">Gusperimus<\/a>, Gus pour les intimes.<\/p>\n<p>Je suis aujourd\u2019hui, et pour quelques jours encore \u00e0 Chicago, pour le congr\u00e8s annuel de la soci\u00e9t\u00e9 de canc\u00e9rologie am\u00e9ricaine. Je me retrouve seul avec mon lapin en peluche, travaille beaucoup, mais cet \u00e9loignement me permet une nouvelle fois de faire le point et surtout de me vider l\u2019esprit loin, bien loin de mon quotidien, parfois si emmerdant. Je vis \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine, me gave de Coca-Cola Zero \u00e0 la vanille, suis hypnotis\u00e9 par la t\u00e9l\u00e9vision, me gave de popcorn au cin\u00e9ma, passe des heures au rayon lessive du Wall Mart voisin et adore rentrer le soir par le m\u00e9tro a\u00e9rien en contemplant les nombreux et gigantesques buildings de la cit\u00e9.<\/p>\n<p>Comme quoi, il ne me faut pas grand chose pour \u00eatre heureux. Un peu quand m\u00eame.<\/p>\n<p>Je suis une princesse.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est en s\u2019arr\u00eatant ponctuellement de publier r\u00e9guli\u00e8rement que l\u2019on s\u2019aper\u00e7oit \u00f4 combien on \u00e9tait drogu\u00e9 par le blog, un peu comme un<\/p>\n<p class=\"link-more\"><a class=\"myButt \" href=\"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/2011\/06\/06\/un-mariage-et-deux-enterrements\/\">Continuer la lecture<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2488,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[178,379,399,461,465,760],"class_list":["post-2139","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-groovy-shaggy-wizz","tag-chicago","tag-gusperimus","tag-huslter","tag-lap-dance","tag-larry-flynt","tag-show-girl"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2139","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2139"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2139\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2489,"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2139\/revisions\/2489"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2488"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2139"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2139"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/roidetrefle.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2139"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}